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Norme NF C 15-100 : prises par pièce, Consuel et prix en 2026

La norme NF C 15-100 est la norme AFNOR qui fixe les règles de conception et de réalisation des installations électriques à basse tension en France : nombre minimal de prises et de circuits, protections, mise à la terre, volumes de la salle de bains. Dans un logement, elle s’impose aux installations neuves et à celles qui sont entièrement rénovées, pas à une installation existante que l’on ne touche pas. Depuis le 1er septembre 2025, c’est sa version révisée, publiée en août 2024 sous forme d’une série de 21 normes, qui sert de référence, et le Consuel vérifie qu’elle est respectée avant la mise sous tension.

Par Publié le · 18 min de lecture

Version
Série 2024, obligatoire depuis 09/2025
S'impose
Neuf ou rénovation totale
Cuisine
6 prises, dont 4 au-dessus du plan
Consuel
147,66 € TTC l'attestation (non-pro)
Cuisine en travaux aux murs blancs, boîtes de prises posées au-dessus du futur plan de travail, câbles en attente au sol et au plafond
Photo Pexels / Ksenia Chernaya

Que signifie la norme NF C 15-100 ?

Dans une cuisine en travaux, on reconnaît la norme avant même de l’avoir lue. Les meubles ne sont pas encore là, les murs sont nus, et pourtant tout est déjà décidé : une rangée de boîtes d’encastrement à hauteur de plan de travail, une sortie de câble plus grosse que les autres à l’endroit de la future plaque, un fil qui pend du plafond au centre de la pièce. Rien de tout cela n’est laissé au goût de l’électricien. Chaque emplacement répond à une règle écrite quelque part dans la NF C 15-100.

La NF C 15-100 est une norme homologuée, rédigée au sein d’AFNOR par une commission qui réunit installateurs, organismes d’inspection, fabricants et le Consuel. Elle protège les personnes et les biens contre le risque électrique et l’incendie d’origine électrique, et couvre la basse tension, jusqu’à 1 000 volts en alternatif : tout ce qui se trouve chez vous entre le disjoncteur de branchement et la dernière prise.

Concrètement, elle dit combien de prises installer dans chaque pièce, combien on peut en mettre sur un même circuit, quels appareils exigent leur propre ligne, ce qui est interdit près d’une baignoire, comment réaliser la terre et quelles protections équipent le tableau.

Un point surprend souvent : la norme n’est pas un texte de loi. C’est la réglementation qui la rend incontournable, puisqu’une installation neuve ne peut pas être mise sous tension sans une attestation de conformité visée par le Consuel, qui contrôle justement son respect. La norme décrit ce qu’est une installation conforme ; la réglementation décide quand vous êtes obligé de l’être.

Qu’est-ce qui change avec la nouvelle NF C 15-100 ?

Pendant plus de vingt ans, la référence a été la NF C 15-100 de décembre 2002, amendée cinq fois jusqu’en 2015. En août 2024, AFNOR a publié une version révisée qui remplace ce document, ses amendements et ses fiches d’interprétation. On ne parle plus d’une norme mais d’une série de 21 normes : la NF C 15-100-1 pour les règles générales, la NF C 15-100-10 pour les bâtiments d’habitation, la NF C 15-100-8-1 pour l’efficacité énergétique, et des parties 7 pour les locaux particuliers, de la salle de bains (7-701) à la recharge des véhicules électriques (7-722).

Promotelec indique que la version révisée était d’application volontaire jusqu’au 31 août 2025 et qu’elle est obligatoire depuis le 1er septembre 2025 pour les installations neuves ou totalement rénovées. Certains fabricants situent la fin de la cohabitation quelques jours plus tôt, douze mois après la publication du 23 août 2024. Pour un particulier, l’écart ne change rien : en 2026, un chantier qui démarre relève de la version révisée.

Les nouveautés qui concernent un logement

Sur le fond, la révision ne bouleverse pas la maison : les règles de base restent, et des chapitres ont été ajoutés pour suivre les nouveaux usages. Voici ceux que Promotelec met en avant pour le résidentiel, dans sa fiche de février 2025.

Sujet Ce que prévoit la version révisée Ce que cela change chez vous
Recharge de véhicule électrique Partie 7-722 dédiée ; circuit spécialisé obligatoire, différentiel 30 mA par point de recharge, de type adapté au mode de charge Une borne ou une prise de recharge ne se branche pas sur un circuit existant
Production locale Le photovoltaïque et les batteries entrent dans les calculs de dimensionnement Des panneaux solaires se pensent avec le tableau, pas à côté
Surtensions Parafoudre imposé sur le réseau de communication en cuivre quand le tableau en possède un ; parafoudre secondaire recommandé au-delà de 10 m La box et la télévision sont mieux protégées de la foudre
Protecteurs d’arc (AFDD) Recommandés, pas imposés, pour les zones à risque et les appareils qui fonctionnent en permanence Une option à discuter pour une VMC ou une pompe de piscine
Prises USB fixes Admises, posées comme des prises de courant Elles ne comptent pas dans le nombre minimal de prises par pièce

Deux autres évolutions expliquent certaines lignes du devis : les câbles sont classés selon les Euroclasses de réaction au feu, et le nombre de prises autorisées par circuit a été relevé (chiffres plus bas).

Quelle version s’applique à votre chantier ?

C’est la question qui fâche quand un chantier a traîné. Selon le Consuel (actualité du 30 octobre 2025), la version applicable dépend d’une date de référence : dépôt du permis de construire, déclaration préalable, signature du marché ou accusé de réception de la commande. Avant le 1er septembre 2025, l’ancienne version peut encore servir de référentiel ; après, c’est la nouvelle.

Depuis le 1er avril 2026, le formulaire en ligne du Consuel pré-coche la case « date de référence postérieure ou égale au 1er septembre 2025 », sans décharger l’installateur, qui répond de la version réellement appliquée. Si votre permis date de 2024 et que l’électricien n’intervient qu’aujourd’hui, demandez-lui par écrit quelle version il retient.

La norme NF C 15-100 est-elle obligatoire dans un logement existant ?

Voici l’idée reçue la plus coûteuse du sujet : « la norme a changé en 2025, je dois tout refaire ». C’est faux. Une norme d’installation ne s’applique pas rétroactivement : votre installation de 2010 était conforme à la version de l’époque. Tout dépend des travaux que vous engagez.

Promotelec distingue plusieurs situations dans une fiche d’avril 2026. Une installation neuve doit respecter toute la norme en vigueur et obtenir une attestation visée avant son raccordement. Une rénovation totale avec mise hors tension par le distributeur suit les mêmes règles ; au sens du Code de l’énergie, c’est une installation dont tous les éléments déposables en aval du point de livraison ont été déposés puis reposés ou remplacés. Une rénovation partielle relève d’une démarche volontaire : la partie neuve suit la norme en vigueur, l’ancienne doit rester en sécurité.

Attention au vocabulaire : au sens du Code de l’énergie, la rénovation ne porte que sur l’électricité. Refaire sols, peintures et fenêtres ne rend pas votre installation « rénovée » ; recâbler la maison de bout en bout, si.

Mise en sécurité ou mise aux normes : la différence qui change le budget

Entre « ne rien faire » et « tout refaire », il existe la mise en sécurité. Elle ne vise pas la conformité à la norme en vigueur, seulement l’absence de danger, et repose sur six exigences minimales listées par Promotelec :

  • un appareil de coupure générale de l’installation, en pratique le disjoncteur ;
  • au moins un dispositif différentiel adapté à la prise de terre, pour détecter les fuites de courant ;
  • des disjoncteurs qui protègent chaque circuit contre les surintensités ;
  • une liaison équipotentielle dans la salle de bains et le respect des volumes de sécurité ;
  • aucun matériel électrique vétuste ;
  • des conducteurs protégés mécaniquement, sans fil apparent.

La mise aux normes ajoute les critères de confort et d’équipement : nombre de prises, circuits spécialisés, éclairage, communication. C’est ce qu’exige une rénovation totale, pas une installation qui vieillit. Promotelec recommande de faire vérifier une installation existante par un professionnel qualifié au moins une fois tous les dix ans.

Peut-on vendre ou louer un logement dont l’électricité n’est pas aux normes ?

Oui. La vente n’est pas conditionnée à la conformité à la norme en vigueur, mais le vendeur fournit un état de l’installation intérieure d’électricité si celle-ci a plus de 15 ans, selon la liste des diagnostics de service-public.fr. Ce diagnostic informe, il n’oblige pas à corriger ; selon Promotelec, il vaut 3 ans pour une vente et 6 ans pour une location.

Un rapport qui relève une absence de terre ou des matériels vétustes pèse simplement sur la négociation. Côté location, le logement doit être décent, ce qui suppose une installation qui ne met pas l’occupant en danger : là encore, on parle de sécurité, pas du nombre de prises exigé en neuf.

Combien de prises par pièce impose la norme ?

La NF C 15-100 fixe un équipement minimal par pièce. Le tableau reprend les chiffres publiés par les fiches Promotelec destinées aux particuliers, pour une installation neuve ou entièrement rénovée. Ce sont des planchers : l’association conseille d’en poser davantage plutôt que de multiplier les multiprises.

Pièce Prises de courant minimum Éclairage minimum À noter
Séjour 5 jusqu’à 28 m², 7 au-delà 1 point d’éclairage commandé Selon les fiches, 1 prise par tranche de 4 m² en complément ; prises RJ45 posées près d’une prise de courant
Chambre 3 1 point d’éclairage Réparties sur le pourtour de la pièce
Cuisine 6, dont 4 au-dessus du plan de travail (3 si 4 m² ou moins) 1 point d’éclairage Circuits spécialisés en plus des prises
Salle de bains 1 hors volumes de sécurité, exigée au-delà de 4 m² selon Promotelec 1 point d’éclairage Aucune prise ordinaire dans les volumes 0, 1 et 2
Entrée, couloir, autre pièce de plus de 4 m² (hors WC) 1 1 point d’éclairage Pas de prise obligatoire en dessous de 4 m²

Chaque socle compte pour un : un bloc de deux prises juxtaposées compte donc pour deux, précise Promotelec, tandis que les prises USB fixes n’entrent pas dans le décompte. Pour le séjour, les fiches de l’association n’expriment pas la règle de la même façon selon leur date de mise à jour : sur une grande pièce, faites confirmer le calcul par l’électricien selon la version applicable à votre chantier.

Combien de prises peut-on mettre sur un même circuit ?

C’est l’un des changements les plus concrets de la révision, et l’on trouve encore des chiffres périmés en ligne. Sous la version de 2002, on retenait 5 prises au plus sur un circuit en 1,5 mm² protégé en 16 A, et 8 en 2,5 mm² protégé en 20 A, chiffres qu’affiche encore une réponse de la foire aux questions de Promotelec. Le guide qu’un grand fabricant consacre à la NF C 15-100-10 indique que la version révisée porte ces plafonds à 8 et 12 prises.

Deux règles ne bougent pas : un disjoncteur par circuit et un circuit par disjoncteur, les coupe-circuits à fusible étant exclus en neuf comme en rénovation lourde. Le même guide fixe au moins deux circuits d’éclairage par logement (un seul dans un studio) et 8 points lumineux au plus par circuit. De quoi comprendre le nombre de lignes d’un devis, et repérer une installation où l’on a « repiqué » des prises sur un circuit déjà plein.

Que dit la norme NF C 15-100 pour les prises de la cuisine ?

La cuisine est la pièce où l’on branche le plus d’appareils puissants, souvent à côté d’un point d’eau. Les fiches de Promotelec, dont une mise à jour de décembre 2025, y décrivent un équipement minimal précis.

Il faut au moins six socles de prises non spécialisés, sur un circuit dédié en 2,5 mm², dont quatre au-dessus du plan de travail ; trois suffisent dans une cuisine de 4 m² ou moins. Les prises en plus partent d’un autre circuit, pas de ce circuit de base. Avec un îlot, la norme admet de les regrouper sur un plot ou une crédence solidaire de l’îlot.

Où placer les prises de la crédence ?

Pas de prise au-dessus du bac d’évier, ni au-dessus des feux ou de la plaque ; au-dessus de l’égouttoir, c’est permis. Seule exception : une prise réservée à la hotte, placée selon une fiche Promotelec de 2024 à 1,80 m du sol. Les socles se posent à 5 cm au moins au-dessus du plan de travail ou du sol.

Bloc de quatre prises noires encastré dans une crédence en marbre blanc, juste au-dessus d'un plan de travail sombre, à côté d'un porte-couteaux
Au-dessus du plan de travail, un bloc de quatre prises compte pour quatre dans le minimum imposé en cuisine · Photo Pexels / Ivan S

Faut-il une prise 32 A dans la cuisine ?

Oui, même si vous cuisinez au gaz. Promotelec est formel : le circuit spécialisé de la cuisson, en 32 A et conducteurs de 6 mm², est obligatoire dans tous les cas, en prévision d’un changement d’équipement. Il se termine par une boîte de connexion avec sortie de câble, pas par une prise ordinaire.

La fiche de décembre 2025 cite aussi des circuits spécialisés pour le lave-vaisselle, le lave-linge, le four et le congélateur, chacun avec sa protection au tableau. Sur l’ensemble du logement, la norme impose au moins quatre circuits spécialisés : la cuisson et trois circuits 16 A. Transmettez le plan du cuisiniste à l’électricien avant la fermeture des murs : déplacer une sortie 32 A après la pose de la crédence coûte cher.

Salle de bains : quels volumes de sécurité respecter ?

La salle de bains fait l’objet d’une partie spécifique de la série, la NF C 15-100-7-701. Son principe tient en un mot : les volumes. Autour de la baignoire ou de la douche, l’espace est découpé en zones dans lesquelles le matériel électrique autorisé est de plus en plus limité à mesure qu’on s’approche de l’eau. Promotelec les décrit ainsi, dans une fiche de septembre 2025.

Le volume 0 est l’intérieur de la baignoire ou du receveur : seul du matériel en très basse tension de sécurité (12 V au plus) y est admis. Le volume 1 monte au-dessus jusqu’à 2,25 m, avec les mêmes limites. Le volume 2 s’étend sur 60 cm autour du volume 1 : un luminaire ou un sèche-serviettes adaptés y sont possibles, mais ni prise de courant ni lave-linge. Au-delà, « hors volume », se pose la prise de la pièce.

S’y ajoutent un dispositif différentiel de 30 mA sur tous les circuits de la pièce et une liaison équipotentielle supplémentaire. Si vous refaites une salle de bains, dessinez l’implantation du meuble vasque, du miroir lumineux et du radiateur avec l’électricien avant de commander le carrelage.

Tableau, terre, différentiels : le socle de sécurité de toute installation

Derrière les prises, il y a ce que l’on ne voit pas. Promotelec décrit une installation conforme comme un ensemble : un disjoncteur général qui coupe tout, un tableau qui regroupe les circuits, des différentiels haute sensibilité de 30 mA contre les fuites de courant, un disjoncteur à l’origine de chaque circuit, une liaison à la terre et des canalisations protégées.

La terre revient dans les recherches avec une inquiétude légitime : son absence figure parmi les anomalies les plus relevées par les diagnostics, selon Promotelec. Indispensable en neuf comme en rénovation, elle se crée dans une installation ancienne lors d’une mise en sécurité, par un électricien.

Quatre boîtes d'encastrement rouges alignées dans un mur blanc, fils électriques de couleur sortant de l'une d'elles, avant la pose des prises
Boîtes d’encastrement en attente d’appareillage : c’est à ce stade que le nombre de prises et de circuits se décide · Photo Pexels / La Miko

Viennent ensuite les règles qui se remarquent au quotidien. Les points d’éclairage reçoivent un socle DCL, qui permet de changer un luminaire sans toucher aux fils. Les interrupteurs se posent entre 0,90 et 1,30 m du sol, les prises à 5 cm au moins. Et le nombre de prises RJ45 dépend du nombre de pièces principales du logement.

Vigilance

Entre 20 et 35 % des incendies d’habitation sont d’origine électrique, et les électrisations conduisent en moyenne à 3 000 passages aux urgences par an, selon le baromètre de l’Observatoire national de la sécurité électrique cité par Promotelec. Ouvrir un tableau ou tirer une ligne n’est pas un petit bricolage : une erreur de section ou de protection chauffe en silence pendant des mois. Confiez ces travaux à un électricien.

Combien coûte une mise aux normes électriques en 2026 ?

Il n’existe pas de tarif officiel, et une « mise aux normes » peut désigner le changement d’un tableau comme le recâblage d’une maison. Nous avons relevé en septembre 2026 les grilles publiées par plusieurs guides de prix et par des électriciens qui affichent leurs tarifs. En les recoupant, on obtient ces fourchettes estimées, fourniture et pose TTC : des ordres de grandeur de marché, pas des prix mesurés par nous.

Nature des travaux Fourchette estimée TTC Ce que cela recouvre en général
Mise en sécurité 50 à 85 €/m² Les six points de sécurité : coupure générale, différentiels, disjoncteurs, terre, salle de bains, matériels vétustes
Rénovation partielle 85 à 125 €/m² Tableau, différentiels, terre et reprise de certains circuits
Remise aux normes complète 80 à 205 €/m² Nouveau câblage, tableau neuf, prises avec terre, circuits spécialisés, attestation Consuel
Remplacement du tableau seul 900 à 2 500 € Selon le nombre de rangées, les protections et l’état des circuits en aval
Attestation Consuel « jaune » 147,66 € (tarif non professionnel, en ligne) Barème officiel du Consuel au 1er septembre 2026 ; souvent intégrée au devis

Sur une maison de 100 m², ces bases donnent de l’ordre de 8 000 à 20 000 € pour une remise à neuf complète, et 1 500 à 4 000 € pour une reprise limitée au tableau, aux différentiels et à la terre, selon la grille d’un électricien. Les petites surfaces coûtent plus cher au m², le tableau et l’attestation étant des postes fixes.

Des murs en pierre qu’il faut saigner, des plafonds hauts, un tableau à déplacer, un logement occupé ou des équipements nouveaux (borne, parafoudre) poussent un devis vers le haut. À l’inverse, recâbler pendant une rénovation lourde, cloisons ouvertes, réduit nettement la main-d’œuvre, comme on le voit dans notre dossier sur le prix de pose du placo.

Côté fiscalité, les travaux d’électricité dans un logement achevé depuis plus de deux ans relèvent en principe de la TVA à 10 % quand l’entreprise fournit et pose le matériel : voyez notre article sur la TVA à taux réduit sur les travaux. Les aides à la rénovation énergétique ne financent pas en règle générale une remise aux normes isolée ; dans une rénovation d’ampleur, interrogez un conseiller France Rénov’.

Consuel : comment se passe le contrôle de conformité ?

Le Consuel, pour Comité national pour la sécurité des usagers de l’électricité, est une association reconnue d’utilité publique créée en 1964. Depuis un décret de 1972, toute nouvelle installation raccordée au réseau public doit faire l’objet d’une attestation de conformité visée avant sa mise sous tension ; un décret de 2001 a étendu l’obligation aux installations entièrement rénovées avec coupure par le distributeur.

L’attestation est un formulaire Cerfa, jaune pour les locaux d’habitation, bleu pour la production d’électricité sans stockage, vert pour les installations soumises à une réglementation particulière. Le déroulé suit toujours le même ordre.

  1. L’électricien achète et remplit l’attestation. Il la signe et engage sa responsabilité ; le Consuel déconseille aux particuliers d’en acheter une pour le compte d’un tiers.
  2. La demande part environ trois semaines avant le raccordement. Le barème du Consuel parle de vingt jours au moins avant la mise en service.
  3. Une visite peut avoir lieu. Elle se fait par sondage. Tout doit être accessible : le 24 septembre 2026, le Consuel a rappelé que ses inspecteurs n’utilisent pas d’échelle fournie par un tiers, et qu’un étage sans escalier posé impose une seconde visite.
  4. Les non-conformités sont levées. L’installateur corrige les défauts relevés. Une contre-visite après non-conformités est facturée 238,44 € TTC, une seconde visite pour chantier inaccessible 144 € TTC, selon le barème applicable depuis le 1er septembre 2026.
  5. L’attestation visée part chez le gestionnaire de réseau. Pour une première mise en service, le Consuel la met à disposition d’Enedis ou de l’entreprise locale de distribution, en application de l’article D342-19 du Code de l’énergie, en vigueur depuis le 1er janvier 2025.

Les tarifs, revalorisés de 2,07 % au 1er septembre 2026, sont publiés sur la page des tarifs du Consuel ; ils dépendent du lieu du chantier, l’outre-mer ayant sa grille. Le visa ne décharge pas l’installateur de ses responsabilités : il ne remplace ni ses garanties ni sa garantie décennale.

Quelles questions poser à l’électricien avant de signer ?

Un devis d’électricité se lit mal quand on n’a jamais ouvert un tableau. Quelques questions suffisent pourtant à distinguer un chiffrage sérieux d’un forfait approximatif.

  • Mise en sécurité, rénovation partielle ou totale ? Faites-la écrire : elle décide de la norme applicable, de l’attestation Consuel et du prix.
  • Quelle version de la NF C 15-100 appliquez-vous, et à partir de quelle date de référence ? La réponse attendue en 2026 est la série de 2024, sauf chantier engagé avant le 1er septembre 2025.
  • L’attestation Consuel est-elle comprise ? Obligatoire en neuf et en rénovation totale avec coupure, elle reste possible, et utile, pour une rénovation partielle.
  • Combien de circuits, de prises et de différentiels prévoyez-vous, pièce par pièce ? Un devis détaillé par pièce se compare ; un forfait global, non.
  • Qui rebouche les saignées et évacue les gravats ? L’électricien ouvre les murs, un autre corps d’état les referme : qui paie ?
  • Pouvez-vous me remettre votre qualification et votre attestation décennale ? Une qualification Qualifelec se vérifie en ligne, nous expliquons comment dans notre article sur Qualifelec ; pour le SIRET et l’assurance, voyez notre guide pour choisir un artisan.
Un homme montre des sorties de câbles électriques sur le mur blanc d'une pièce en travaux à une femme qui tient une tablette, sol en béton brut
Faire le tour des sorties de câbles avant la fermeture des murs, plan en main : c’est le dernier moment où tout se déplace facilement · Photo Pexels / Pavel Danilyuk

En fin de chantier, réclamez le schéma de l’installation, qui dit quel disjoncteur protège quel circuit, et l’attestation visée quand elle est prévue. Testez chaque prise, déclenchez les différentiels avec le bouton test et notez les réserves au procès-verbal : notre article sur la réception des travaux explique comment.

Bon réflexe

Demandez que le devis mentionne explicitement « installation réalisée selon la série de normes NF C 15-100 en vigueur » et, pour une rénovation totale, « attestation de conformité Consuel incluse ». Deux lignes qui ne coûtent rien à écrire et qui vous donnent un levier clair si l’inspecteur relève des non-conformités.

À qui s’adresser

Pour un diagnostic, une mise en sécurité ou une rénovation, un électricien qualifié, de préférence titulaire d’une qualification Qualifelec adaptée au logement, dont vous vérifierez le certificat dans l’annuaire de l’organisme et l’immatriculation sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr. Pour une question sur une attestation, le Consuel lui-même. Avant une vente, un diagnostiqueur certifié. Les autres corps d’état sont dans notre rubrique second œuvre et finitions.

Questions fréquentes

La mise à la terre est-elle obligatoire ?

Oui pour toute installation neuve ou entièrement rénovée : la liaison à la terre fait partie des composants de base d’une installation conforme, et le différentiel doit être adapté à sa valeur. Dans un logement ancien qui en est dépourvu, aucune loi n’impose de la créer du jour au lendemain, mais son absence est l’une des anomalies les plus relevées par les diagnostics, et sa création fait partie d’une mise en sécurité.

Où trouver le texte officiel de la norme NF C 15-100 ?

La série de normes NF C 15-100 est vendue par AFNOR Éditions, en version papier ou numérique, et accessible par abonnement via le service de consultation en ligne du groupe AFNOR. Il n’existe pas de PDF officiel gratuit : les fichiers qui circulent sont souvent anciens ou incomplets. Pour un particulier, les fiches de Promotelec et les guides publiés par les fabricants résument les règles utiles au quotidien.

Est-il obligatoire de changer son tableau électrique ?

Non, pas du seul fait que la norme a évolué. Un tableau doit être remplacé s’il ne protège plus correctement l’installation : fusibles à broche, absence de différentiel 30 mA, traces d’échauffement, matériel vétuste. C’est aussi le cas lors d’une rénovation totale, qui doit suivre la norme en vigueur. Un électricien ou un diagnostic électrique vous dira si le vôtre remplit encore les six points de mise en sécurité.

Peut-on réaliser soi-même son installation et la faire valider par le Consuel ?

Le barème du Consuel prévoit qu’un maître d’ouvrage qui réalise lui-même son installation peut acheter une attestation au tarif non professionnel, et il en devient alors l’auteur responsable. Mais une installation neuve demande des calculs de sections, de protections et de terre qui relèvent du métier d’électricien, et une erreur engage la sécurité du logement et la couverture de l’assureur. Faites appel à un professionnel qualifié.

Combien de temps faut-il pour obtenir le visa du Consuel ?

Le Consuel demande de lui adresser l’attestation de conformité environ trois semaines avant la date prévue de raccordement, et au moins vingt jours avant selon son barème. Le délai réel dépend d’une éventuelle visite et des non-conformités à lever. Un chantier incomplet le jour de l’inspection, par exemple un étage sans escalier posé, entraîne une seconde visite facturée et retarde d’autant la mise en service.

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