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Second œuvre et finitions

Prix placo au m² posé : cloison, doublage, plafond en 2026

Compter entre 35 et 70 € HT du m² pour une cloison en plaques de plâtre posée sur ossature, entre 30 et 90 € pour un doublage de mur selon qu’il est collé ou isolé sur rails, et entre 40 et 75 € pour un faux plafond : ce sont les fourchettes estimées que nous avons recoupées sur les grilles publiées par plusieurs guides de prix de travaux (relevé septembre 2026), fourniture, pose et bandes comprises. L’écart tient moins à la plaque elle-même, qui vaut quelques euros, qu’à l’ossature, à l’isolant, au niveau de finition des joints et à l’état de la pièce.

Par Publié le · 19 min de lecture

Cloison
40 à 70 €/m² estimés, avec isolant
Doublage isolé
50 à 90 €/m² estimés
Faux plafond
40 à 75 €/m² estimés
Normes
NF DTU 25.41 et NF DTU 25.42
Plaquiste posant une plaque de plâtre contre une ossature, visseuse posée sur l'établi, dans une maison en construction
Photo Pexels / Jimmy Nilsson Masth

Combien coûte la pose de placo au m² avec fourniture en 2026 ?

Une idée tenace circule dans les rayons des négoces : le placo ne coûte rien, une plaque de 2,50 m sur 1,20 m se vend moins de vingt euros, donc un mur de 10 m² ne devrait pas dépasser cent euros. La facture du plaquiste dit autre chose, et elle a raison. Entre la plaque et le mur fini, prêt à peindre, il y a des rails, des montants, des fourrures, des suspentes, parfois 10 à 14 cm de laine minérale, des centaines de vis, des bandes, trois passes d’enduit, un ponçage et une journée de poussière blanche qu’il faut bien évacuer.

Sur l’ensemble des grilles que nous avons relevées en septembre 2026, le « placo posé » se situe le plus souvent entre 35 et 75 € HT du m² pour un ouvrage courant, fourniture comprise. Les travaux simples (une cloison de distribution sans isolant, un doublage collé sur un mur sain) tiennent dans le bas de la fourchette. Les ouvrages techniques (isolation épaisse, plaques spéciales, rampants de combles, plafonds hauts) montent vers 90 à 120 €/m². Ces chiffres sont des estimations de marché, pas des tarifs mesurés par nous : ils servent à repérer un devis anormal, pas à le négocier au centime.

Le prix au m² se calcule toujours sur la surface d’ouvrage, pas sur la surface habitable. Une cloison de 4 m de long sous 2,50 m de plafond représente 10 m² de cloison, ses deux faces étant comprises dans le prix. Un doublage se mesure sur la surface de mur habillée, ouvertures déduites ou non selon les entreprises : c’est une ligne à vérifier, car certaines ne déduisent pas les fenêtres de moins de 2 m², ce qui est une pratique courante mais doit être écrite.

Le tableau des prix par ouvrage

Ouvrage Fourchette estimée au m² posé (HT) Ce qui est normalement compris Vigilance
Cloison de distribution 72/48 sans isolant 35 à 55 € Rails, montants à 60 cm, 2 BA13, bandes et enduit Aucun affaiblissement acoustique notable sans laine
Cloison 72/48 avec laine minérale 45 mm 40 à 70 € Idem, plus isolant entre montants Épaisseur et type de laine à écrire sur le devis
Cloison phonique (plaques phoniques ou double peau) 55 à 90 € Ossature large, bande résiliente, laine, plaques spécifiques Le gain dépend aussi des jonctions au sol et au plafond
Doublage collé (plaque ou complexe PSE ou laine) 30 à 50 € Plots de mortier adhésif, complexe, joints Mur sain et sec exigé, pas de rattrapage de gros défauts
Doublage sur ossature avec isolant épais 50 à 90 € Appuis, fourrures, laine 100 à 140 mm, pare-vapeur, plaques Résistance thermique R à vérifier pour la TVA à 5,5 %
Faux plafond sur fourrures et suspentes 40 à 75 € Suspentes, fourrures, plaques, joints Isolant en plus : compter 5 à 20 €/m² supplémentaires
Rampants de combles aménagés isolés 60 à 120 € Suspentes longues, laine épaisse, membrane, plaques Accès, découpes et continuité de la membrane
Pose seule (matériaux fournis par le client) 15 à 30 € Main-d’œuvre, souvent sans les bandes TVA à 20 % sur vos matériaux, garanties discutées
Bandes et enduit seuls (plaques déjà posées) 5 à 15 € Bandes, 2 ou 3 passes, ponçage Niveau de finition à préciser

Ces fourchettes excluent en général la peinture, les dépose et démolition préalables, l’électricité intégrée aux cloisons et la location d’un échafaudage. Elles varient aussi selon la région : les grandes agglomérations et l’Île-de-France se situent plus souvent dans le haut des fourchettes, les zones rurales dans le bas, à ouvrage égal.

Quel est le prix d’une cloison en placo au m² ?

La cloison de distribution la plus courante en maison s’appelle 72/48 dans le jargon : 48 mm de rails et de montants métalliques, une plaque BA13 de 12,5 mm vissée de chaque côté, soit 73 mm hors tout. Posée avec 45 mm de laine minérale entre les montants, elle revient à 40 à 70 € HT du m² d’après les grilles relevées. Sans isolant, on descend vers 35 à 55 €, mais on perd l’essentiel du confort acoustique : une cloison creuse résonne comme un tambour.

Pour séparer une chambre d’une pièce de vie ou d’une salle de bains, la question du bruit mérite quelques euros de plus. Une cloison 98/48 à deux plaques par face, ou une 72/48 en plaques phoniques, fait nettement mieux qu’une cloison simple ; les fourchettes grimpent alors vers 55 à 90 €/m². Les fabricants publient les performances de chaque système en laboratoire (l’indice d’affaiblissement Rw), mais ce chiffre ne se retrouve chez vous que si les jonctions sont soignées : bande résiliente sous les rails, joints au mastic acoustique, boîtiers électriques décalés de part et d’autre.

Reste la porte. Une cloison qui en reçoit une demande un bâti renforcé, des montants doublés de part et d’autre de l’huisserie, et la pose du bloc-porte lui-même. Selon les grilles consultées, c’est souvent une ligne forfaitaire de l’ordre de 150 à 350 € hors fourniture de la porte, à ajouter au prix au m².

Pile de plaques de plâtre stockées dans l'allée d'un entrepôt de matériaux, tranches visibles au premier plan
La plaque elle-même ne pèse que quelques euros par m² dans le prix final : l’ossature, l’isolant et la finition font la différence · Photo Pexels / Pablo Fernandez

BA13, hydrofuge, phonique, feu : quelle plaque et à quel prix ?

Toutes les plaques de plâtre vendues en France répondent à la norme NF EN 520, qui leur attribue des lettres selon leurs propriétés. La plaque standard (type A) est la BA13, pour bord aminci de 12,5 mm. Les autres ajoutent une qualité : H1 pour la résistance à l’humidité, F pour la tenue au feu, D pour la densité, I pour la dureté de surface. Une même plaque peut cumuler plusieurs lettres, et son prix suit.

  • BA13 standard : autour de 3 à 8 €/m² en négoce selon la marque et la quantité. C’est la plaque de toutes les pièces sèches.
  • Hydrofuge H1, reconnaissable à son parement vert : autour de 5 à 8 €/m². Son taux de reprise d’eau est limité à 5 %, ce qui la destine aux salles de bains et cuisines.
  • Phonique : autour de 8 à 12 €/m². Son cœur plus dense améliore l’isolement acoustique à épaisseur égale.
  • Feu (type F), souvent à parement rose : autour de 8 à 12 €/m². On la trouve dans les gaines techniques, les garages attenants, les séparatifs où un degré coupe-feu est exigé.
  • Haute dureté : autour de 10 à 15 €/m², pour les couloirs, les chambres d’enfants ou les murs qui prennent des chocs.

Une fois posée, une plaque spéciale ajoute rarement plus de 3 à 10 € au m² de l’ouvrage, car la main-d’œuvre reste la même. C’est pourquoi un plaquiste qui propose de l’hydrofuge dans toute une salle de bains, plafond compris, ne cherche pas à gonfler le devis : c’est la règle, et la différence se chiffre en dizaines d’euros sur une pièce.

Placo hydrofuge : quel prix et où est-il obligatoire ?

Le NF DTU 25.41 classe les locaux selon leur exposition à l’humidité. Dans les pièces humides d’un logement, salle de bains et cuisine notamment, les plaques doivent être de type H1. Posé en pièce humide, un ouvrage en plaques hydrofuges revient à 45 à 70 € HT du m² selon les grilles relevées, un peu plus que la même cloison en pièce sèche. Dans la zone de douche, la plaque seule ne suffit pas : elle doit recevoir un système de protection à l’eau sous carrelage, souvent désigné par le sigle SPEC, avec bandes d’angle et traitement des traversées de tuyaux.

Une plaque hydrofuge ne traite pas un mur humide. Si le support d’origine souffre de remontées capillaires ou d’une infiltration, l’habiller de vert revient à cacher le problème derrière un parement neuf, qui finira taché ou moisi. La cause se traite d’abord, avec un diagnostic, avant tout doublage.

Plaquiste casqué, masque respiratoire au cou, prenant une mesure au mètre ruban sur une plaque de plâtre verte hydrofuge
Le parement vert signale une plaque hydrofuge H1, imposée par le NF DTU 25.41 dans les pièces humides · Photo Pexels / Antoni Shkraba

Quel est le prix d’un doublage placo au m² ?

Doubler un mur, c’est le recouvrir de plaques pour le redresser, l’habiller ou, le plus souvent, l’isoler. Deux techniques coexistent, avec deux normes et deux budgets. Le doublage collé, régi par le NF DTU 25.42, consiste à fixer un complexe (une plaque déjà contrecollée à un isolant) sur le mur par des plots de mortier adhésif. C’est rapide et peu cher, autour de 30 à 50 €/m² posé selon les grilles, mais cela suppose un mur sain, sec, sans gros faux aplomb.

Le doublage sur ossature, qui relève du NF DTU 25.41, monte une structure métallique devant le mur (fourrures maintenues par des appuis réglables), loge un isolant épais entre le mur et les plaques, puis ferme avec un pare-vapeur et une BA13. Il rattrape les murs tordus, accepte 100 à 140 mm de laine et laisse passer les gaines électriques. Sa fourchette estimée va de 50 à 90 €/m², isolant compris.

Avant/après, sur une pièce de 12 m² au sol avec 25 m² de murs extérieurs à doubler, l’écart se lit ainsi : environ 750 à 1 250 € HT en doublage collé, 1 250 à 2 250 € HT en doublage isolé sur ossature. La deuxième solution coûte plus cher à la pose, mais c’est souvent la seule qui atteint la résistance thermique demandée pour la TVA à 5,5 % et pour les aides à la rénovation énergétique. Elle mange aussi davantage de surface : comptez 12 à 16 cm d’épaisseur contre 6 à 12 cm pour un complexe collé.

Doublage isolé : le seuil de résistance thermique à connaître

Pour que l’isolation des murs par l’intérieur ouvre droit au taux de TVA de 5,5 %, le Code général des impôts renvoie à des critères techniques : pour les murs en façade ou en pignon, la résistance thermique de l’isolant posé doit atteindre au moins 3,7 m².K/W. Pour les rampants et plafonds de combles aménagés, le seuil est de 6 m².K/W. Le devis doit afficher cette valeur R, la marque et l’épaisseur de l’isolant, sans quoi vous ne pourrez rien vérifier. Les conditions des aides évoluent chaque année : consultez le guide isolation de France Rénov’ avant de signer, et notre rubrique isolation et énergie pour le détail des chantiers.

Combien coûte un faux plafond en placo au m² ?

Un faux plafond en plaques de plâtre se fixe sur des fourrures métalliques, elles-mêmes suspendues au plancher ou à la charpente par des suspentes réglables. Les grilles relevées le situent entre 40 et 75 € HT du m² posé, sans isolant. Ajoutez 5 à 20 €/m² si le plénum reçoit une laine, ce qui est fréquent sous des combles perdus ou pour atténuer les bruits d’un étage.

Le plafond coûte plus cher que la cloison à surface égale, et la raison se sent dans les épaules : tout se pose à bout de bras, souvent avec un lève-plaque, les découpes pour les spots et les trappes se multiplient, et le ponçage des joints se fait tête en l’air dans un nuage de poussière. Au-delà de 3 m de hauteur, un échafaudage roulant s’ajoute au devis. Les spots encastrés, eux, relèvent de l’électricien : prévoyez-les avant la pose, car percer une fois le plafond fini coûte en reprises.

Ouvrier ponçant les joints d'un plafond en plaques de plâtre vertes avec une ponceuse girafe, fenêtre protégée en arrière-plan
Ponçage des bandes au plafond avec une ponceuse à long manche : une étape longue, comprise dans les prix « prêt à peindre » · Photo Pexels / Tima Miroshnichenko

Que comprend vraiment un prix au m² « posé » ?

Un devis de plaquiste se lit comme une liste de courses : ce qui n’y figure pas n’est pas compris. Les postes que l’on attend dans un prix « fourniture et pose » sont les suivants.

  • Les plaques, avec leur type (BA13, H1, phonique, feu) et leur épaisseur.
  • L’ossature : rails, montants, fourrures, suspentes ou appuis, et leur entraxe (60 cm en standard).
  • L’isolant, avec sa nature, son épaisseur et sa résistance thermique R, plus le pare-vapeur s’il y en a un.
  • Les bandes et l’enduit : nombre de passes et ponçage, jusqu’à quel niveau de finition.
  • La protection et le nettoyage : bâches, protection des sols, nettoyage de fin de chantier.
  • L’évacuation des déchets : chutes de plaques, emballages. Depuis le 1er juillet 2021 (loi AGEC), le devis doit mentionner l’estimation de la quantité de déchets, les modalités de gestion et les coûts associés, ainsi que le point de collecte.

La peinture, elle, n’est presque jamais comprise. « Prêt à peindre » veut dire que la surface peut recevoir une impression, pas qu’elle est peinte. Si le plaquiste propose aussi la peinture, elle apparaît sur une ligne séparée, avec son propre prix au m².

Les niveaux de finition des joints

C’est la ligne la plus floue des devis, et la source de beaucoup de déceptions à la réception. Le NF DTU 25.41 impose un traitement des joints (bande et enduit) qui rend l’ouvrage apte à recevoir une finition. Il ne dit pas pour autant que le mur sera lisse comme un miroir sous une lumière rasante. En France, l’aspect attendu avant peinture se précise plutôt à l’aide du NF DTU 59.1 sur les travaux de peinture, qui distingue trois niveaux : finition élémentaire (C), courante (B) et soignée (A).

Vous croiserez aussi l’échelle Q1 à Q4, venue d’outre-Rhin et reprise par plusieurs fabricants : Q1 pour un simple garnissage des joints sous carrelage, Q2 pour un rendu standard, Q3 et Q4 pour des surfaces lisses destinées à une peinture satinée ou éclairées en lumière rasante. Ce n’est pas la nomenclature des DTU français, mais elle a le mérite d’être parlante. Dans les deux cas, précisez-le par écrit : une finition soignée représente une ou deux passes d’enduit supplémentaires, donc quelques euros de plus au m², et elle se discute avant, pas à la réception.

Vigilance

Dans un logement dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997, démolir un ancien faux plafond, un enduit ou une cloison peut exposer à l’amiante. Un repérage avant travaux s’impose alors au donneur d’ordre, et seule une entreprise certifiée peut retirer des matériaux amiantés. Ne laissez personne attaquer un vieux plafond à la disqueuse sans ce diagnostic.

Quel prix pour poser du placo dans une maison de 100 m² ?

C’est l’une des questions les plus posées, et la réponse commence par un piège : 100 m² habitables ne font pas 100 m² de placo. Dans une maison de plain-pied de cette surface, on compte à peu près autant de plafond que de plancher, soit environ 100 m², auxquels s’ajoutent les doublages des murs extérieurs (souvent 110 à 130 m² une fois les ouvertures déduites) et les cloisons de distribution (50 à 70 m² selon le nombre de pièces). Le total approche facilement 250 à 300 m² d’ouvrage.

En appliquant les fourchettes estimées, l’ordre de grandeur est le suivant : 100 m² de plafond à 40 à 75 €, soit 4 000 à 7 500 € ; 120 m² de doublage isolé à 50 à 90 €, soit 6 000 à 10 800 € ; 60 m² de cloisons à 40 à 70 €, soit 2 400 à 4 200 €. Le chantier complet se situerait donc autour de 12 000 à 22 500 € HT, hors peinture, électricité et blocs-portes. Un plaquiste qui chiffre une telle maison avec des métrés précis vous donnera un montant plus serré ; s’il vous donne un forfait sans métré, demandez le détail.

Côté délais, les ordres de grandeur publiés tournent autour de quelques dizaines de m² d’ouvrage par jour pour une équipe de deux, selon la complexité. Mais le calendrier se joue surtout sur les joints : chaque passe d’enduit doit sécher, souvent 24 heures, avant la suivante. Pour une pièce isolée, comptez plutôt une semaine entre le premier rail et la surface prête à peindre ; pour une maison entière, plusieurs semaines, qu’il faut caler avec l’électricien et le plombier qui passent leurs gaines avant la fermeture des cloisons.

Quels sont les tarifs horaires d’un plaquiste ?

Pour les petits travaux (reprendre un trou, refaire quelques bandes, fermer une trémie), le prix au m² n’a plus de sens. Le plaquiste facture alors à l’heure ou au forfait, avec souvent un déplacement. Les taux horaires publiés tournent autour de 35 à 55 € HT, davantage en Île-de-France et pour les interventions urgentes. Une reprise d’un mètre carré peut ainsi coûter plus cher, rapportée au m², qu’une grande surface neuve : il faut venir, préparer, passer l’enduit, revenir après séchage.

La question du tarif « au black » revient souvent. Au-delà de l’illégalité, le calcul est mauvais : sans facture, pas de TVA réduite possible, pas de garantie décennale mobilisable, pas de recours en cas de fissures aux joints six mois plus tard, et une couverture d’assurance incertaine si l’ouvrier se blesse chez vous. Les quelques euros économisés au m² ne pèsent pas lourd face à un doublage à refaire.

Quelle TVA s’applique à la pose de placo ?

Le taux dépend du logement et de la nature des travaux, pas du matériau. Selon la fiche de Service Public Entreprendre sur la TVA des travaux de rénovation (vérifiée le 21 février 2026), les travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement ou d’entretien dans un local d’habitation achevé depuis plus de 2 ans relèvent du taux de 10 % en métropole. L’isolation thermique des parois opaques, qui inclut le doublage isolant, relève du taux de 5,5 % quand les critères techniques sont remplis. Dans un logement neuf ou achevé depuis moins de 2 ans, c’est 20 %.

Deux détails changent la facture. D’abord, le taux réduit ne s’applique qu’aux matériaux fournis et facturés par l’entreprise qui pose : si vous achetez vous-même vos plaques et votre laine, vous payez 20 % sur ces fournitures. Ensuite, il n’y a plus d’attestation séparée à remplir : pour bénéficier du taux réduit, vous devez certifier sur le devis ou sur la facture que les conditions sont réunies (logement de plus de 2 ans, usage d’habitation). Si vous certifiez à tort, vous pouvez être tenu de payer le complément de taxe. Nous détaillons ces règles dans notre article sur la TVA à taux réduit sur les travaux.

Plaquiste ou pose soi-même : que gagne-t-on vraiment ?

Sur le papier, poser son placo soi-même économise la main-d’œuvre, soit 15 à 30 €/m² environ. Sur 30 m² de cloison, cela représente 450 à 900 €, moins le prix de la location ou de l’achat d’un lève-plaque, d’une visseuse à butée, d’une pince à sertir et des couteaux à enduire. L’économie existe, surtout pour une cloison simple dans une pièce sèche.

Elle fond vite sur trois postes. Les joints, d’abord : obtenir une surface plane sans surépaisseur visible demande un coup de main que peu d’amateurs ont du premier coup, et une reprise après peinture coûte cher. L’isolation, ensuite : un pare-vapeur mal raccordé ou une laine tassée ruinent la performance et ouvrent la porte à la condensation. Les droits, enfin : pas de TVA réduite sur les matériaux, pas de garantie décennale, et pas d’accès à la plupart des aides à la rénovation énergétique, qui exigent une entreprise qualifiée RGE pour l’isolation.

Un compromis fréquent consiste à confier au plaquiste l’ossature et la pose, et à réaliser soi-même la peinture. Évitez l’inverse (poser vous-même, faire faire les bandes) : aucun professionnel n’aime reprendre des plaques mal alignées, et il le facturera.

Bon réflexe

Demandez à deux ou trois plaquistes un devis sur les mêmes métrés et le même descriptif (type de plaque, isolant avec sa valeur R, niveau de finition, évacuation). Vous comparerez enfin des prix comparables, et l’écart restant vous dira quelque chose de réel sur l’entreprise.

Quelles questions poser au plaquiste avant de signer ?

Un bon devis de plâtrerie se reconnaît à sa précision. Avant de signer, passez en revue ces points, dans cet ordre, avec l’entreprise.

  1. Sur quelle surface exacte portez-vous le prix au m² ? Faites préciser si les ouvertures sont déduites et comment les métrés ont été relevés. Un métré « à la louche » sur plan se discute.
  2. Quel système posez-vous, et selon quel DTU ? Cloison 72/48 ou 98/48, doublage collé (NF DTU 25.42) ou sur ossature (NF DTU 25.41), entraxe des montants. La référence au DTU engage l’entreprise sur les règles de l’art.
  3. Quel isolant, quelle épaisseur, quelle résistance R ? Sans ces trois informations, impossible de vérifier le droit à la TVA à 5,5 % ou aux aides, ni de comparer deux devis.
  4. Quelle plaque dans la salle de bains et la cuisine ? La réponse attendue est une plaque hydrofuge H1, plus un système de protection à l’eau sous carrelage dans la zone de douche.
  5. Jusqu’où va la finition des joints ? Faites écrire le niveau attendu (courant ou soigné) et le nombre de passes. « Prêt à peindre » doit être défini, surtout sous une grande baie vitrée.
  6. Qui évacue les déchets, et à quel prix ? Le devis doit le mentionner. Vérifiez aussi la protection des sols et le nettoyage de fin de chantier.
  7. Pouvez-vous me remettre votre attestation d’assurance décennale ? Elle doit être nominative, en cours de validité à la date d’ouverture du chantier et viser l’activité de plâtrerie. Voyez notre guide pour choisir un artisan et vérifier son SIRET.
  8. Quel calendrier, et qui coordonne avec l’électricien ? Les gaines et boîtiers se posent avant la fermeture des cloisons. Faites écrire la date de début, la durée et les temps de séchage prévus.

À la fin du chantier, organisez une réception en bonne et due forme, en regardant les murs à la lumière rasante d’une baladeuse : c’est là qu’on voit les bandes mal noyées et les têtes de vis qui affleurent. Les défauts visibles doivent être notés comme réserves au procès-verbal, faute de quoi ils sont réputés acceptés. Notre article sur la réception des travaux explique comment rédiger ces réserves.

À qui s’adresser

Pour des cloisons, des plafonds ou des doublages décoratifs, un plaquiste ou un plâtrier qualifié, dont vous vérifierez l’immatriculation sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr et l’attestation décennale. Pour un doublage isolant ou des rampants de combles, orientez-vous vers une entreprise qualifiée RGE, que vous trouverez dans l’annuaire officiel France Rénov’, et prenez conseil gratuitement auprès d’un conseiller France Rénov’ avant de signer : il vous dira quelles aides s’appliquent en 2026. Pour tout ce qui touche à l’électricité intégrée aux cloisons, un électricien qualifié. Le panorama des autres corps d’état est dans notre rubrique second œuvre et finitions.

Questions fréquentes

Quel est le prix d’une plaque de placo BA13 ?

Une plaque BA13 standard de 2,50 m sur 1,20 m, soit 3 m², se vend le plus souvent entre une dizaine et une vingtaine d’euros en négoce ou en grande surface de bricolage, soit environ 3 à 8 € le m² selon la marque et la quantité achetée. Les plaques hydrofuges, phoniques ou coupe-feu coûtent sensiblement plus. Ce prix ne représente qu’une petite part du coût d’un ouvrage posé, qui comprend aussi ossature, isolant, bandes et main-d’œuvre.

Faut-il un permis ou une déclaration pour poser des cloisons en placo ?

Non, créer ou déplacer des cloisons à l’intérieur d’un logement ne demande en principe aucune autorisation d’urbanisme, car ces travaux ne modifient ni l’aspect extérieur ni la surface de plancher. En copropriété, vérifiez le règlement si les travaux touchent des parties communes ou les planchers. Si vous changez la destination d’un local, par exemple un garage transformé en pièce de vie, renseignez-vous auprès de la mairie.

Le placo peut-il se poser directement sur un mur ancien en pierre ?

Un doublage collé sur un mur en pierre ancien est déconseillé quand le mur est humide ou irrégulier, car le NF DTU 25.42 exige un support sain et sec. Sur ces murs qui doivent respirer, on préfère souvent un doublage sur ossature, avec une lame d’air et des isolants adaptés au bâti ancien. Un diagnostic de l’humidité s’impose avant tout habillage, pour ne pas enfermer un problème derrière les plaques.

Une cloison en placo est-elle couverte par la garantie décennale ?

Un doublage isolant ou une cloison dont le défaut rend le logement impropre à sa destination peut relever de la garantie décennale, qui court dix ans après la réception. Les fissures légères aux joints relèvent plutôt de la garantie de parfait achèvement, pendant un an. Dans tous les cas, exigez l’attestation d’assurance décennale du plaquiste avant le démarrage du chantier, et conservez devis, factures et procès-verbal.

Combien de temps faut-il attendre avant de peindre un placo neuf ?

Il faut attendre que l’enduit des joints soit parfaitement sec, soit en général 24 à 48 heures après la dernière passe selon la température et l’humidité de la pièce, puis dépoussiérer. Une sous-couche d’impression adaptée aux plaques de plâtre est ensuite indispensable : elle uniformise l’absorption entre carton et enduit, sans quoi les bandes réapparaissent sous la peinture de finition.

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