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Permis de construire extension : seuils, dossier, délais 2026

Une extension de maison exige un permis de construire dès qu’elle crée plus de 20 m² d’emprise au sol ou de surface de plancher, ou plus de 40 m² si la maison se trouve en zone urbaine d’une commune couverte par un plan local d’urbanisme (PLU). Dans cette zone, une extension de 20 à 40 m² bascule aussi au permis si elle porte la surface de plancher totale au-delà de 150 m², et l’architecte devient alors obligatoire. Le dossier se dépose sur le cerfa n° 13406*17, la mairie a deux mois pour l’instruire (trois en secteur protégé), puis viennent l’affichage, la déclaration d’ouverture de chantier et la déclaration d’achèvement.

Par Publié le · 18 min de lecture

Seuil
40 m² en zone U d'un PLU, 20 m² sinon
Architecte
Au-delà de 150 m² après travaux
Formulaire
Cerfa n° 13406*17 (PCMI)
Instruction
2 mois, 3 en secteur protégé
Extension de maison en cours de construction, murs en blocs de béton, baie vitrée posée, échafaudage et brouette de chantier devant la façade
Photo Pexels / Brett Jordan

Quand faut-il un permis de construire pour une extension ?

La question arrive rarement au bon moment. Souvent, c’est le notaire qui la pose, le jour de la vente : « Et pour la pièce du fond, vous avez l’arrêté ? » Trois paramètres décident du type d’autorisation. La surface créée, d’abord, en emprise au sol comme en surface de plancher : la plus grande des deux déclenche le seuil. L’emplacement de la maison, ensuite : la zone urbaine d’un PLU, souvent notée U, bénéficie d’un seuil de 40 m², contre 20 m² partout ailleurs. La surface de plancher totale après travaux, enfin, existant compris, qui fait entrer en jeu la barre des 150 m².

La fiche de service-public.fr consacrée à l’agrandissement (vérifiée le 11 décembre 2024) résume le mécanisme. En zone urbaine d’un PLU, une extension relève de la déclaration préalable tant que son emprise au sol et sa surface de plancher restent inférieures ou égales à 40 m². Elle passe au permis si elle dépasse 40 m², ou si elle crée plus de 20 m² de surface de plancher et que la maison franchit alors 150 m². Hors zone urbaine, dans une commune sans PLU ou dans un site protégé, le permis s’impose au-delà de 20 m². Pour les projets qui restent sous ces seuils, voyez notre guide de la déclaration préalable de travaux.

Extension, agrandissement, annexe : de quoi parle-t-on ?

Le vocabulaire a des conséquences. Service-public.fr emploie « agrandissement » comme terme générique, qui couvre l’extension horizontale et la surélévation. Le lexique national d’urbanisme, repris mot pour mot dans de nombreux règlements de PLU publiés sur le Géoportail de l’urbanisme, définit l’extension comme un agrandissement de la construction existante de dimensions inférieures à celle-ci, qui présente avec elle un lien physique et fonctionnel. En pratique, une porte de communication entre la maison et la pièce neuve suffit à établir ce lien.

Un garage séparé de la maison par deux mètres de pelouse n’est donc pas une extension, mais une annexe, c’est-à-dire une construction nouvelle : pour elle, le seuil de 40 m² n’existe pas, et le permis s’impose au-delà de 20 m² quelle que soit la zone. Une « extension » plus grande que la maison qu’elle prolonge risque aussi d’être requalifiée, puisque la définition suppose des dimensions inférieures à l’existant.

Situation de la maison Surface créée Surface totale après travaux Autorisation Architecte
Zone urbaine d’un PLU 35 m² 140 m² Déclaration préalable Non
Zone urbaine d’un PLU 35 m² 160 m² Permis de construire Oui
Zone urbaine d’un PLU 15 m² 158 m² Déclaration préalable Non
Zone urbaine d’un PLU 45 m² 140 m² Permis de construire Non
Commune sans PLU, zone A ou N, secteur protégé 25 m² 120 m² Permis de construire Non
Commune sans PLU, zone A ou N, secteur protégé 25 m² 165 m² Permis de construire Oui

Ces cas sont construits à partir des règles de service-public.fr et du cerfa n° 13406*17 (relus en septembre 2026). Deux lignes surprennent : une extension de 15 m² qui porte la maison à 158 m² reste en déclaration préalable, la bascule ne visant que les extensions de plus de 20 m² ; et un permis n’implique pas forcément un architecte.

Peut-on construire une extension de 40 m² sans permis de construire ?

Oui, à trois conditions cumulées : la maison est en zone urbaine d’une commune couverte par un PLU, l’extension ne dépasse 40 m² ni en emprise au sol ni en surface de plancher, et la surface de plancher totale après travaux reste sous 150 m². Il faut alors une déclaration préalable, pas un permis. Si l’une des conditions manque, la réponse devient non. « Sans permis » ne veut jamais dire « sans rien » : même sous 5 m², une extension collée à la maison modifie son aspect et demande une déclaration.

Le piège le plus courant tient à l’écart entre les deux surfaces. La surface de plancher se mesure au nu intérieur des murs, sous plus de 1,80 m de hauteur, isolant déduit. L’emprise au sol est la projection verticale du volume, murs et débords soutenus compris. Sur une pièce maçonnée doublée d’un isolant, l’écart se chiffre vite en mètres carrés : une extension dessinée à 39 m² de surface de plancher peut dépasser 40 m² d’emprise au sol, et basculer au permis.

Pour la surface existante, service-public.fr (fiche sur les surfaces, vérifiée le 27 novembre 2024) déduit notamment les surfaces aménagées pour le stationnement et les combles non aménageables. Un garage intégré ne compte donc pas dans les 150 m² ; le jour où vous le transformez en chambre, il y entre.

Seuil de 150 m² : quand l’architecte devient-il obligatoire ?

Le principe est posé par la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l’architecture : un projet soumis à permis de construire doit être établi par un architecte. La dispense est l’exception, et le cerfa n° 13406*17 la formule sans détour. Vous pouvez vous passer d’architecte si vous êtes un particulier et que vous construisez ou modifiez pour vous-même, soit une construction qui ne dépasse pas 150 m² de surface de plancher, soit l’extension d’une construction existante, à condition que l’extension ne porte pas l’ensemble au-delà de 150 m².

Traduit en français courant : ce n’est pas la taille de l’extension qui compte, c’est le total. Une maison de 120 m² qui s’agrandit de 25 m² en zone agricole reste sous la barre. La même maison qui s’agrandit de 35 m² atteint 155 m² : plans signés par un architecte inscrit à l’Ordre ou un agréé en architecture. Si vous vous en dispensez, le formulaire vous fait cocher une déclaration sur l’honneur.

Cette case n’est pas anodine. Service-public.fr cite la « fausse surface » parmi les motifs pour lesquels un maire peut retirer un permis dans les trois mois qui suivent sa délivrance. Arrondir l’existant à la baisse pour rester sous 150 m² fragilise tout le dossier. La mission minimale de l’architecte porte sur le projet architectural ; le suivi du chantier se négocie à part, et son coût est abordé dans notre article sur le prix d’une extension de maison.

Quel dossier déposer pour le permis de construire d’une extension ?

Pour une maison individuelle et ses annexes, le formulaire est la demande de permis dite PCMI, cerfa n° 13406*17, version affichée par service-public.fr lors de sa vérification du 15 septembre 2026. Plusieurs demandeurs joignent la fiche complémentaire « autres demandeurs ». Le bordereau des pièces jointes précise que sa liste est exhaustive et qu’aucune autre pièce ne peut vous être demandée : huit pièces obligatoires, les suivantes selon le terrain et le projet.

Pièce Ce qu’elle doit montrer Quand la fournir
PCMI1 Plan de situation La parcelle dans la commune (Géoportail suffit) Toujours
PCMI2 Plan de masse L’extension sur la parcelle, cotée, avec les distances aux limites Toujours
PCMI3 Plan en coupe L’implantation par rapport au profil du terrain Toujours
PCMI4 Notice descriptive Terrain, abords, matériaux, couleurs, accès, plantations Toujours
PCMI5 Façades et toitures L’aspect de chaque façade modifiée, avant et après Toujours
PCMI6 Document d’insertion Un photomontage de l’extension dans son environnement Toujours, sauf périmètre d’un permis d’aménager
PCMI7 et PCMI8 Photographies Le terrain vu de près, puis dans le paysage lointain Toujours, sauf périmètre d’un permis d’aménager
PCMI9 et PCMI10 Surface constructible du lot, achèvement des équipements Maison située dans un lotissement
PCMI12-2 Attestation de conformité de l’assainissement non collectif Si l’extension s’accompagne d’une installation neuve ou réhabilitée
PCMI13 Prise en compte des règles parasismiques Zone de sismicité concernée
PCMI14-1 ou 14-2 Attestation thermique ou environnementale (RE2020) Quand le Code de la construction l’exige, cas des extensions
PCMI21 Notice des matériaux et modalités d’exécution Site patrimonial remarquable, abords de monument, cœur de parc national

Sur la RE2020, service-public.fr est explicite : une extension doit respecter la réglementation environnementale 2020, et une attestation de prise en compte, établie par un architecte, un diagnostiqueur, un contrôleur technique ou un bureau d’études, accompagne la demande. Une grande baie plein sud se corrige plus facilement sur plan que sur le chantier.

  1. Obtenir le zonage et le règlement du PLU. Le service urbanisme indique la zone, les règles de hauteur et de recul, et l’existence d’un secteur protégé : c’est ce qui fixe le seuil à 20 ou 40 m².
  2. Mesurer honnêtement l’existant. Surface de plancher actuelle avec les déductions officielles, plus celle de l’extension : le total décide de l’architecte.
  3. Faire établir les plans. Sous 150 m² après travaux, un dessinateur ou vous-même ; au-delà, un architecte. Plans à l’échelle, cotés, numérotés selon le bordereau.
  4. Commander l’attestation RE2020. Elle dépend des choix d’isolation, de vitrage et de chauffage : demandez-la avant le dépôt.
  5. Déposer en ligne ou en mairie. En ligne, un seul exemplaire et l’accusé de réception électronique vaut récépissé. Sur papier, quatre dossiers complets plus cinq exemplaires supplémentaires des plans de situation, de masse et en coupe ; cinq dossiers en secteur protégé.
Plan d'étage d'une maison imprimé sur une feuille, posé sur une table en bois à côté d'un stylo, d'une paire de lunettes et d'un mètre ruban
Un plan d’étage coté : pour un permis, il faudra aussi le plan de masse, la coupe, les façades et un photomontage · Photo Pexels / Anete Lusina

Quel est le délai d’un permis de construire pour une extension ?

Le délai d’instruction de droit commun est de deux mois pour une maison individuelle, à compter du dépôt d’un dossier complet. En site patrimonial remarquable, aux abords d’un monument historique ou dans un site classé, il passe à trois mois. Le récépissé remis au dépôt l’annonce noir sur blanc, avec une précision utile : si vous n’avez rien reçu à la fin du premier mois, le délai ne peut plus être modifié.

Ce premier mois est la seule fenêtre dont dispose la mairie pour réclamer des pièces manquantes (vous avez alors trois mois pour les fournir, faute de quoi la demande est réputée rejetée), notifier un délai majoré ou vous prévenir que le silence ne vaudra pas accord. Au terme de l’instruction, le permis est accordé, assorti de prescriptions, refusé, ou fait l’objet d’un sursis à statuer de deux ans au plus. Sans réponse, il est tacite, et la mairie vous délivre sur demande un certificat de non-opposition. Le silence vaut toutefois refus dans quelques cas, notamment en site classé ou pour un immeuble inscrit au titre des monuments historiques.

Étape Délai Point de départ
Demande de pièces ou majoration du délai 1 mois maximum Dépôt du dossier
Instruction, maison individuelle 2 mois (3 en secteur protégé) Dossier complet
Recours des tiers devant le juge 2 mois Premier jour d’affichage continu sur la parcelle
Retrait d’un permis illégal par le maire 3 mois Date de la décision
Validité du permis 3 ans, prorogeable deux fois un an Notification de l’arrêté
Contestation de la conformité 3 mois (5 en secteur protégé ou zone à risques) Réception de la DAACT
Déclaration de la taxe d’aménagement 90 jours Achèvement au sens fiscal

Délais relevés sur les fiches de service-public.fr en septembre 2026. Entre le dépôt d’un dossier complet et le moment où le permis est à l’abri d’un retrait, comptez au minimum cinq mois hors secteur protégé.

Pourquoi attendre trois mois après le permis ?

Légalement, vous pouvez commencer dès réception de l’arrêté, ou dès la fin du délai d’instruction pour un permis tacite. Mais deux horloges tournent encore : le maire peut retirer un permis illégal pendant trois mois après sa date, et les tiers disposent de deux mois de recours à compter du début de l’affichage sur la parcelle. Si l’affichage démarre le jour de la notification, la fin du troisième mois couvre les deux délais. D’où l’habitude, prise par beaucoup de banques et de particuliers, d’attendre que le permis soit « purgé » avant d’engager les dépenses lourdes comme les fondations ou l’ouverture d’un mur porteur.

Affichage et recours des voisins : qu’est-ce qui change avec un permis ?

La mécanique est celle de la déclaration préalable, avec quelques différences. Un extrait du permis est affiché en mairie dans les huit jours de sa délivrance, pendant deux mois. Sur la parcelle, le panneau de plus de 80 cm mentionne, outre le bénéficiaire, la date et le numéro de l’arrêté, la surface de plancher autorisée, la hauteur par rapport au terrain naturel et le nom de l’architecte s’il y en a un.

Ce qui change surtout, c’est l’enjeu. Un voisin qui voit s’élever 45 m² à trois mètres de sa haie a plus de raisons de contester que s’il voit changer vos volets. Toute personne ayant un intérêt à agir peut former un recours gracieux dans le mois qui suit le premier jour d’affichage, ou saisir le tribunal administratif dans les deux mois, et doit vous notifier son recours par lettre recommandée dans les quinze jours francs (article R. 600-1 du Code de l’urbanisme).

La preuve de l’affichage vous incombe. Service-public.fr (fiche vérifiée le 25 février 2026) demande d’établir la date de début, la continuité pendant tout le chantier et la lisibilité depuis la voie publique : photos datées, témoins sans lien avec vous, constat de commissaire de justice. Sans affichage, le délai de recours s’étend jusqu’à six mois après l’achèvement.

Bon réflexe

Faites constater l’affichage par un commissaire de justice, idéalement au premier jour, au milieu puis à la fin des deux mois. C’est peu au regard d’un chantier de plusieurs dizaines de milliers d’euros, et c’est la preuve la plus solide si un recours surgit tardivement. Rassurant aussi : pour obtenir une démolition devant le juge civil, un voisin doit d’abord avoir fait annuler le permis par le tribunal administratif.

Extension en secteur protégé : que change l’avis de l’architecte des Bâtiments de France ?

Si votre maison se trouve dans un site patrimonial remarquable, dans le périmètre des abords d’un monument historique ou dans un site classé ou inscrit, trois règles se durcissent en même temps. Le seuil tombe à 20 m² : la franchise des 40 m² de la zone urbaine ne s’applique pas. Le délai d’instruction passe à trois mois. Et le dossier est transmis à l’architecte des Bâtiments de France (ABF), dont l’avis pèse sur la décision du maire.

Le dossier s’alourdit aussi : la pièce PCMI21 décrit les matériaux et les modalités d’exécution (tuiles ou ardoise, teinte de l’enduit, menuiseries, raccord avec la maison ancienne). Une extension contemporaine n’y est pas interdite par principe ; elle doit convaincre sur son insertion. Et en cas de refus fondé sur un avis défavorable de l’ABF en site patrimonial remarquable ou aux abords d’un monument, service-public.fr impose un recours administratif préalable obligatoire auprès du préfet de région avant toute saisine du juge.

Rue pavée d'un village ancien bordée de maisons en pierre aux toits de tuiles, avec le clocher d'une église en arrière-plan sous un ciel bleu
Dans un centre ancien comme celui-ci, il est fréquent qu’un monument protégé place les maisons voisines sous le regard de l’ABF : seule la mairie peut vous dire si c’est votre cas · Photo Pexels / arnaud audoin

Après l’accord : ouverture de chantier, achèvement et conformité

La déclaration d’ouverture de chantier (DOC) est la formalité qui distingue le plus le permis de la déclaration préalable : elle est obligatoire pour un permis de construire et inutile pour une DP. Elle se fait sur le cerfa n° 13407*11, en trois exemplaires déposés ou envoyés en mairie, de préférence en recommandé, ou en ligne quand la commune le propose. Service-public.fr (fiche vérifiée le 11 août 2025) précise qu’il n’existe pas de définition légale du commencement des travaux : en pratique, le terrassement ou le coulage des fondations sont des repères sûrs, et la DOC fixe la date qui compte pour la validité du permis.

Le permis vaut trois ans, prorogeables deux fois un an si les règles n’ont pas changé. Si le projet évolue en cours de route, une fenêtre plus large, quelques mètres carrés de plus, déposez un permis modificatif avant de construire la modification, pas après.

Chantier de maison au stade des fondations, murs en blocs de béton et fers d'attente dressés, ouvriers au loin sous un ciel bleu
Au stade des fondations et des premiers rangs de blocs, la déclaration d’ouverture de chantier doit déjà être en mairie · Photo Pexels / Ulrick Trappschuh

La DAACT et le contrôle de conformité

Une fois l’extension terminée, vous adressez à la mairie la déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux (DAACT), cerfa n° 13408*14. Vous la signez vous-même, ou l’architecte la signe s’il a dirigé les travaux. Pour une extension, service-public.fr (fiche vérifiée le 7 juillet 2026) exige l’attestation de respect de la RE2020 établie à l’achèvement. S’y ajoutent, selon le terrain, l’attestation parasismique en zone de sismicité concernée et l’attestation liée au retrait-gonflement des argiles dans les zones moyennement ou fortement exposées. La base Géorisques indique si votre parcelle est concernée.

La mairie dispose ensuite de trois mois pour contester la conformité, cinq mois pour un immeuble inscrit au titre des monuments historiques, en site patrimonial remarquable ou dans un secteur couvert par un plan de prévention des risques. Elle peut venir vérifier sur place. Si l’extension ne correspond pas au permis, elle vous met en demeure de régulariser, par exemple en déposant un permis modificatif, et peut exiger la démolition si la régularisation est impossible. Sans réponse dans le délai, les travaux sont réputés conformes ; la mairie vous délivre alors, sur simple demande, une attestation de non-contestation sous quinze jours.

Gardez ensemble l’arrêté, la DOC, les preuves d’affichage, la DAACT et cette attestation : c’est le dossier de la vente. Ne le confondez pas avec le procès-verbal de réception des travaux, qui règle vos rapports avec l’entreprise et fait courir la garantie décennale.

Quels risques pour une extension construite sans permis ?

Service-public.fr (fiche sur les délais de prescription, vérifiée le 25 février 2026) rappelle l’amende pénale de 1 200 à 300 000 €, les poursuites possibles pendant six ans après l’achèvement et l’action civile de la commune pendant dix ans. Pour une extension, le risque le plus concret se manifeste pourtant des années plus tard.

Une construction édifiée sans l’autorisation qui était nécessaire n’a pas d’existence légale administrative, et cette irrégularité est imprescriptible. Le jour où vous voudrez agrandir à nouveau, surélever ou même poser une véranda, la mairie exigera une demande portant sur l’ensemble du bâtiment, régularisation de l’extension irrégulière comprise, et l’accordera seulement si le tout respecte le PLU en vigueur. Pour des travaux réalisés sur un bâtiment irrégulier, le délai pendant lequel la mairie peut opposer cette irrégularité est de dix ans à compter de leur achèvement.

Vigilance

Si vous achetez une maison déjà agrandie, demandez au vendeur l’arrêté de permis et la DAACT de chaque extension, et comparez les surfaces avec celles de l’annonce. Une extension irrégulière devient votre problème le jour de la signature : c’est à vous que la mairie opposera l’irrégularité lors de votre propre projet, et la taxe d’aménagement reste due même pour une construction illégale.

La régularisation reste possible à tout moment, par un permis portant sur les travaux déjà réalisés, à condition que l’extension respecte les règles actuelles. Mieux vaut la tenter à froid, avant une vente, que sous la pression d’un procès-verbal.

Combien coûte la taxe d’aménagement d’une extension ?

Déposer un permis de construire ne coûte rien en mairie. La facture publique arrive après, avec la taxe d’aménagement, due pour toute extension close et couverte de plus de 5 m². Sa formule, rappelée par la fiche F23263 de service-public.fr (vérifiée le 1er janvier 2026), multiplie la surface taxable par une valeur forfaitaire, puis par le taux communal et le taux départemental, et en Île-de-France par un taux régional plafonné à 1 %. La valeur forfaitaire est de 892 € par m² en 2026 hors Île-de-France et de 1 011 € en Île-de-France. Le taux communal varie de 1 à 5 %, jusqu’à 20 % dans certains secteurs, et le taux départemental est plafonné à 2,5 %.

Attention, la surface taxable n’est pas la surface de plancher. Elle se mesure aussi au nu intérieur des façades, mais elle inclut les surfaces de stationnement, les caves et les combles, et ne retire pas l’épaisseur des isolants. Prenons une extension de 45 m² de surface taxable hors Île-de-France, avec les taux de l’exemple officiel (3 % et 2,5 %) : 45 × 892 = 40 140 € de valeur, soit 1 204 € de part communale et 1 004 € de part départementale, environ 2 208 € au total. En Île-de-France, aux mêmes taux et avant part régionale, la même extension coûte environ 2 502 €.

Un abattement de 50 % s’applique sur la valeur forfaitaire des 100 premiers mètres carrés d’une résidence principale et de ses annexes. Pour une extension, son effet dépend de la surface déjà existante : le simulateur officiel des taxes d’urbanisme, qui intègre aussi la taxe d’archéologie préventive, donne le chiffre le plus fiable. Quant au calendrier, vous déclarez les éléments de calcul dans les 90 jours qui suivent l’achèvement au sens fiscal, depuis votre espace sécurisé sur impots.gouv.fr, rubrique « Gérer mes biens immobiliers ». Au-delà de 1 500 €, la taxe est réclamée en deux fois, la seconde moitié six mois après la première. Le reste du budget, taxes comprises, est détaillé dans notre article sur le prix d’une extension.

À qui s’adresser

Le service urbanisme de votre mairie reste le premier interlocuteur : lui seul connaît le zonage de la parcelle, le règlement du PLU et les servitudes qui s’y appliquent. Le conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) de votre département offre dans la plupart des cas un conseil gratuit aux particuliers sur l’insertion d’une extension. En secteur protégé, l’UDAP permet de dialoguer avec l’architecte des Bâtiments de France avant le dépôt. Pour une question juridique, l’ADIL de votre département et Allô Service Public (3939) répondent gratuitement, sans accès aux dossiers individuels. Au-delà de 150 m², un architecte inscrit à l’Ordre ; pour la construction, une entreprise dont vous aurez vérifié l’immatriculation et l’assurance décennale, selon la méthode de notre rubrique choisir un artisan.

Les règles officielles se trouvent sur la fiche Permis de construire de service-public.fr et, pour les seuils propres aux extensions, sur la fiche Agrandissement d’une construction. Le chantier lui-même relève de la rubrique rénovation et gros œuvre, les autres formalités de la rubrique devis, démarches et aides.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour faire une extension de maison ?

La partie administrative se chiffre en mois avant le premier coup de pelle : conception et plans, un mois possible pour une demande de pièces, deux mois d’instruction (trois en secteur protégé), puis les délais de recours et de retrait. La durée du chantier dépend ensuite de la technique, de la surface et de la saison. Demandez à l’entreprise un planning écrit, avec une date de fin, annexé au devis.

Quand les travaux sont-ils considérés comme achevés ?

Pour la mairie, l’achèvement est celui que vous déclarez dans la DAACT. Pour le fisc, le Bulletin officiel des finances publiques retient la jurisprudence du Conseil d’État : une addition de construction est achevée quand l’avancement des travaux permet son utilisation effective, autrement dit quand la pièce est habitable, même si des finitions restent à faire. C’est cette date qui ouvre les 90 jours de déclaration de la taxe d’aménagement.

Est-il possible de commencer des travaux avant l’autorisation ?

Non. Commencer une extension soumise à permis avant l’arrêté, ou avant la fin du délai d’instruction pour un permis tacite, revient à construire sans autorisation, avec les sanctions pénales et administratives qui vont avec. Le terrassement et les fondations font partie des travaux : la pelleteuse attend l’arrêté.

Peut-on faire soi-même les plans d’un permis de construire d’extension ?

Oui, si vous êtes un particulier qui agrandit pour lui-même et que la surface de plancher totale après travaux ne dépasse pas 150 m². Aucun logiciel n’est imposé : les plans doivent être à l’échelle, cotés et conformes au bordereau PCMI. Un dessinateur reste utile, car un dossier incomplet rallonge le délai.

Le dépôt d’un permis de construire est-il payant ?

Non, la mairie n’encaisse rien au dépôt et l’instruction est gratuite. Les coûts se situent autour du dossier : plans, honoraires d’architecte au-delà de 150 m², attestation RE2020, éventuel constat d’affichage. Après l’achèvement viennent la taxe d’aménagement, la taxe d’archéologie préventive quand elle s’applique, et une taxe foncière plus élevée chaque année, puisque la surface habitable augmente.

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