Audit énergétique : prix, obligation et différence avec le DPE
L’audit énergétique est une étude complète d’un logement, réalisée sur place par un professionnel qualifié, qui mesure sa performance selon la méthode du DPE puis propose au moins deux scénarios de travaux chiffrés menant à la classe B, avec les aides mobilisables. Il est obligatoire pour vendre une maison ou un immeuble en monopropriété classé E, F ou G, valable cinq ans, et son prix, libre, tourne autour de 500 à 1 500 € pour une maison selon les grilles publiées en 2025 et 2026. Hors vente, il sert de feuille de route avant une rénovation et peut être aidé par MaPrimeRénov’.
Par Bastien Lereau Publié le · 18 min de lecture
- Obligatoire
- Vente d'une maison classée E, F ou G
- Validité
- 5 ans, contre 10 pour le DPE
- Prix estimé
- 500 à 1 500 € en maison
- MaPrimeRénov'
- 300 à 500 €, hors audit de vente
Qu’est-ce qu’un audit énergétique, concrètement ?
L’idée reçue revient dans presque toutes les agences immobilières : l’audit énergétique serait « un DPE en plus cher ». C’est faux, et la différence se voit dès qu’on tient les deux documents en main. Le DPE aboutit à une étiquette, de A à G, accompagnée de quelques recommandations générales. L’audit part de cette étiquette pour dessiner un chemin : quels travaux, dans quel ordre, pour quel gain de classe, à quel coût et avec quelles aides.
Le dispositif réglementaire a été créé par la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 et figure à l’article L. 126-28-1 du Code de la construction et de l’habitation. Son contenu est fixé par le décret n° 2022-780 et l’arrêté du 4 mai 2022, modifiés depuis par le décret n° 2024-820 du 15 juillet 2024. Nous citons ces textes à partir de service-public.fr et du ministère de la Transition écologique : Légifrance refusait nos connexions au moment de la rédaction.
L’auditeur étudie les modes constructifs, les équipements et les pathologies éventuelles du bâti, calcule les consommations avec la même méthode conventionnelle que le DPE, baptisée 3CL, puis simule les travaux.
Trois audits qui portent le même nom
Le mot recouvre en pratique trois situations qu’il vaut mieux distinguer avant de demander un devis, parce que ni le prix, ni les aides, ni l’interlocuteur ne sont les mêmes.
- L’audit réglementaire de vente. Imposé au vendeur d’une maison ou d’un immeuble en monopropriété classé E, F ou G. Il est payé par le vendeur, pour informer l’acheteur, et n’ouvre droit à aucune aide.
- L’audit incitatif. Commandé librement par un propriétaire qui prépare des travaux. C’est celui que MaPrimeRénov’ peut financer en partie, et qu’on confie plus souvent à un bureau d’études ou à un architecte.
- L’audit du parcours Rénovation d’ampleur. Exigé avant et après travaux pour obtenir MaPrimeRénov’ Rénovation d’ampleur. Il est généralement réalisé par Mon Accompagnateur Rénov’, l’opérateur agréé qui suit le dossier.
L’audit énergétique des entreprises, régi par le Code de l’énergie, et les études propres aux copropriétés obéissent à d’autres règles : ils sortent du champ de cet article.
Quelle différence entre un DPE et un audit énergétique ?
Le DPE classe, l’audit propose. La formule est celle du ministère, qui précise que l’audit « ne remplace pas » le diagnostic de performance énergétique mais vient le compléter dans le dossier de vente. Le DPE est obligatoire pour toute vente et toute location ; l’audit ne l’est que pour certaines ventes. Le premier est l’affaire d’un diagnostiqueur certifié, le second d’un professionnel dont la qualification est définie par décret.
L’écart se mesure aussi au temps passé. Un DPE tient en quelques heures ; pour l’audit, Engie évoque jusqu’à une journée sur place et plusieurs jours d’analyse, et service-public.fr laisse au professionnel un mois après la visite pour remettre son rapport.
| Critère | DPE | Audit énergétique |
|---|---|---|
| À quoi il sert | Classer le logement de A à G (énergie et gaz à effet de serre) | Proposer au moins deux parcours de travaux chiffrés jusqu’à la classe B |
| Quand il est obligatoire | Toute vente, toute location | Vente d’une maison ou d’un immeuble en monopropriété classé E, F ou G |
| Qui le réalise | Diagnostiqueur certifié | Bureau d’études ou entreprise qualifiés, architecte formé, diagnostiqueur certifié formé à l’audit |
| Méthode | Calcul conventionnel 3CL | Même calcul, complété par la simulation de chaque étape de travaux |
| Validité | 10 ans (DPE établi depuis le 1er juillet 2021) | 5 ans |
| Prix estimé | 100 à 250 € pour une maison | Environ 500 à 1 500 € pour une maison |
| Aide publique | Aucune | MaPrimeRénov’ 300 à 500 €, hors audit de vente |
Sources : service-public.fr (fiches audit et DPE), ecologie.gouv.fr, france-renov.gouv.fr ; prix estimés d’après les grilles publiées par Engie et Effy (relevé septembre 2026) et l’étude de prix relayée par SeLoger en février 2025.
Un point surprend souvent : l’audit peut aboutir à une étiquette différente de celle du DPE. L’auditeur a le droit de reprendre l’état des lieux du diagnostic, mais seulement après avoir vérifié sur place que les éléments déclarés correspondent à ce qui est réellement posé, et en les corrigeant si nécessaire, précise service-public.fr. Une isolation de combles mal renseignée dans le DPE suffit à bouger le calcul. Le ministère rappelle enfin que l’audit, comme le DPE, est opposable.
Quand l’audit énergétique est-il obligatoire ?
L’obligation ne joue qu’au moment d’une vente, et seulement pour certains biens. Elle vise les maisons individuelles et les immeubles de plusieurs logements appartenant à un seul propriétaire, ou à des indivisaires, lorsque leur DPE les classe dans les étiquettes concernées. Le calendrier s’applique selon la date de signature de la promesse synallagmatique, le fameux compromis, ou à défaut de l’acte de vente.
Le calendrier en métropole et outre-mer
- Depuis le 1er avril 2023 : logements classés F ou G.
- Depuis le 1er janvier 2025 : logements classés E.
- À partir du 1er janvier 2034 : logements classés D.
- Dans les départements et régions d’outre-mer : logements classés F ou G, puis E à partir du 1er janvier 2028.
Certaines pages officielles plus anciennes se contredisent encore sur l’outre-mer ou sur la classe E : la fiche F37110 de service-public.fr, vérifiée le 14 septembre 2026, reste la référence la plus à jour.
Qui n’est pas concerné
La vente d’un appartement situé dans une copropriété n’exige pas d’audit, rappelle France Rénov’. Même chose pour un logement classé A, B, C ou D jusqu’à fin 2033. La location n’impose pas d’audit non plus : elle fait jouer d’autres règles, dont l’interdiction de louer les logements classés G depuis le 1er janvier 2025, puis F en 2028 et E en 2034.
Les textes parlent de vente. Pour une autre forme de transmission, donation, partage successoral ou apport à une société, nous n’avons pas trouvé de doctrine officielle claire : la question se pose au notaire chargé de l’acte, avant de commander quoi que ce soit.

Puis-je vendre ma maison sans audit énergétique ?
Pour un bien concerné, non, pas dans les règles. Le vendeur, ou l’agent qui le représente, doit remettre l’audit à l’acheteur potentiel dès sa première visite, sur papier ou par voie électronique. Le document rejoint ensuite le dossier de diagnostic technique annexé à la promesse de vente ou, à défaut, à l’acte authentique, en application de l’article L. 271-4 du Code de la construction et de l’habitation. Sans lui, le dossier est incomplet et le notaire le réclamera.
La fiche de service-public.fr ne mentionne pas d’amende propre à l’absence d’audit, contrairement aux annonces immobilières dont le DPE est faux (jusqu’à 3 000 € d’amende pour un particulier). Un dossier incomplet expose surtout le vendeur à une contestation de l’acheteur. C’est un risque qu’il vaut mieux ne pas tester sur une transaction à plusieurs centaines de milliers d’euros, pour une prestation qui en coûte moins d’un millier.
Qui paie, et qui doit faire les travaux ?
L’audit de vente est commandé et payé par le propriétaire vendeur, avant la mise sur le marché. Il ne l’oblige à aucun travail : service-public.fr le rappelle pour le DPE, et l’audit poursuit la même logique d’information. L’acheteur n’est pas davantage tenu de suivre les scénarios. Le document pèse en revanche sur la négociation, puisqu’il chiffre noir sur blanc ce que coûtera la sortie de la passoire.
Bon réflexe
Avant de commander un audit de vente pour une maison chauffée à l’électricité, vérifiez son étiquette actuelle. Le coefficient de conversion de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9 le 1er janvier 2026, et un arrêté du 19 août 2026 l’abaisse à 1,7 à partir du 1er janvier 2027, selon service-public.fr. Un DPE ancien peut être recalculé gratuitement, sans nouvelle visite, sur le site de l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe. Si la maison passe de E à D, l’audit n’est plus exigé pour la vente.
Que contient un audit énergétique ?
Le rapport qu’on reçoit tient plus du dossier que de la fiche. Service-public.fr en détaille le contenu, fixé par l’arrêté du 4 mai 2022 modifié. On y trouve d’abord la photographie du logement avant travaux : consommation estimée selon la méthode du DPE, étiquettes énergie et climat, schéma de répartition des déperditions thermiques (par la toiture, les murs, les fenêtres, le plancher, les fuites d’air) et inventaire des dispositifs de régulation existants.
Viennent ensuite les scénarios. L’auditeur doit en présenter au moins deux, qui étudient tous les six mêmes postes : isolation des murs, des planchers bas et de la toiture, remplacement des menuiseries extérieures, ventilation, production de chauffage et d’eau chaude.
- Un parcours par étapes. Sa première étape doit faire gagner au moins deux classes et traiter deux postes d’isolation ; la dernière doit atteindre au moins la classe B.
- Un parcours en une seule étape, qui mène directement à une rénovation performante.
Pour chaque étape, le rapport donne la consommation après travaux par usage, la nouvelle étiquette, les économies d’énergie estimées, l’effet théorique sur la facture sous forme de fourchette, le coût estimé des travaux et les principales aides mobilisables. Il traite aussi l’aération et la ventilation, car une maison qu’on isole sans renouveler l’air correctement finit par condenser : quand le renouvellement d’air est insuffisant, les travaux correctifs doivent figurer dès la première étape.
Quand la classe B est hors d’atteinte
Une longère en pierre dont on ne peut pas isoler la façade, un immeuble protégé au titre du patrimoine, une maison dont la rénovation coûterait plus de la moitié de sa valeur : dans ces cas, le texte prévoit un parcours aménagé. Service-public.fr indique qu’il doit alors atteindre au minimum la classe C, D ou E pour un bâtiment classé respectivement E, F ou G avant travaux, l’auditeur justifiant dans son rapport les contraintes invoquées. Les solutions retenues doivent rester compatibles avec l’état du bâti, notamment la nature des murs, du plancher bas et de la toiture.
Des économies calculées, pas promises
Les consommations affichées correspondent à un occupant conventionnel : chauffage à 19 °C, 56 litres d’eau chaude à 40 °C par jour et par personne, selon les questions-réponses du ministère. Une famille qui chauffe à 21 °C consommera davantage que le chiffre de l’audit. L’intérêt du document tient à la comparaison entre les scénarios, bien plus qu’à la promesse d’une facture précise.
Le tout est remis en rapport de synthèse PDF, sur papier et en version informatique, avec un récapitulatif standardisé au format XML qui contient toutes les données saisies et calculées.
Comment se déroule un audit énergétique ?
La visite a quelque chose d’une inspection méthodique. L’auditeur passe pièce par pièce, soulève une trappe de combles pour mesurer l’épaisseur d’isolant, regarde l’étiquette de la chaudière, compte les bouches d’extraction, note le type de vitrage et l’état des menuiseries. Voici le déroulé type, de la commande à la lecture du rapport.
- Déterminer quel audit il vous faut. Audit de vente, audit incitatif avant travaux ou audit du parcours Rénovation d’ampleur : le choix commande le professionnel, le prix et l’aide possible. Un conseiller France Rénov’ vous oriente gratuitement.
- Choisir un professionnel qualifié et vérifier sa qualification. Demandez le numéro de certification ou de qualification et contrôlez-le dans l’annuaire officiel correspondant. Le professionnel n’a pas le droit de sous-traiter l’audit.
- Réunir les documents. Le récapitulatif du DPE, les factures des travaux déjà réalisés et les diagnostics techniques disponibles sont attendus ; le ministère conseille d’y ajouter plans, photos de chantiers anciens, justificatifs d’aides déjà perçues et contrats d’entretien.
- Assister à la visite. Elle doit avoir lieu en votre présence ou en celle d’une personne que vous mandatez. Donnez accès aux combles, au sous-sol et à la chaufferie : ce qui n’est pas vu est estimé par défaut.
- Recevoir le rapport sous un mois. Le délai court à partir de la date de visite, selon service-public.fr. Vérifiez que figurent bien les deux scénarios, le schéma des déperditions et le nom du logiciel utilisé.
- Relire les scénarios, crayon en main. Contrôlez que l’état des lieux décrit votre maison telle qu’elle est et demandez une correction en cas d’erreur factuelle avant de vous en servir pour une vente ou une demande d’aide.

Qui peut réaliser un audit énergétique ?
Pas n’importe quel diagnostiqueur ni n’importe quelle entreprise du bâtiment. L’auditeur doit être indépendant, assuré, et répondre aux qualifications définies par le décret du 4 mai 2022. Pour une maison individuelle, le ministère de la Transition écologique liste :
- les bureaux d’études et entreprises qualifiés « audit énergétique en maison individuelle », par exemple OPQIBI 1911 ou Qualibat 8731 ;
- les bureaux d’études qualifiés en audit énergétique des bâtiments tertiaires ou d’habitation collective, par exemple OPQIBI 1905 ;
- les entreprises certifiées « RGE offre globale » ;
- les architectes inscrits à l’Ordre ayant suivi une formation à l’audit ;
- les diagnostiqueurs immobiliers certifiés qui justifient d’une formation à l’audit réglementaire, attestée par leur organisme de certification.
Pour un immeuble de plusieurs logements, la liste se resserre aux bureaux d’études qualifiés en bâtiments collectifs et aux architectes formés. Deux annuaires publics permettent de trouver et de vérifier un auditeur : celui de France Rénov’, qui recense les professionnels RGE et les architectes référencés, et l’annuaire des diagnostiqueurs certifiés du ministère. La vérification d’un certificat Qualibat suit la même méthode que pour un artisan, et notre guide pour choisir un artisan en détaille les étapes.
Vigilance
Un audit « offert » par une entreprise qui vend ensuite les travaux n’est pas neutre, même quand elle détient la bonne qualification. Méfiez-vous surtout du démarchage : le démarchage téléphonique pour la rénovation énergétique est interdit depuis la loi du 24 juillet 2020, sauf contrat en cours, et service-public.fr rappelle que l’administration ne démarche jamais les particuliers. Un scénario qui mène tout droit vers un seul équipement, sans traiter l’isolation, mérite un second avis.
Quel est le prix d’un audit énergétique en 2026 ?
Aucun tarif officiel n’existe : service-public.fr, economie.gouv.fr et France Rénov’ répètent tous trois que le prix est libre et recommandent de comparer plusieurs devis. Les fourchettes publiées convergent pourtant sur un ordre de grandeur. Engie et Effy situent l’audit d’une maison individuelle entre 800 et 1 500 €, ou 900 à 1 500 € TTC selon la page, soit plusieurs fois le prix d’un DPE, qu’ils placent entre 100 et 250 € (relevé septembre 2026).
L’audit de vente, souvent confié à un diagnostiqueur, sort moins cher. Une étude d’un site de réservation de diagnostics, relayée par SeLoger en février 2025, chiffre à 754 € le prix moyen de l’audit d’une maison de 90 à 120 m² en 2024, avec des moyennes départementales allant de 513 € dans l’Aisne à 1 270 € dans la Creuse. À l’intérieur d’un même département, les écarts entre professionnels dépassaient parfois le simple au triple.
| Prestation | Qui la réalise, en général | Prix estimé pour une maison | Aide possible en 2026 |
|---|---|---|---|
| DPE | Diagnostiqueur certifié | 100 à 250 € | Aucune |
| Audit réglementaire de vente | Diagnostiqueur formé à l’audit, bureau d’études, architecte | Environ 500 à 1 300 € selon le département (moyenne 2024 : 754 €) | Aucune |
| Audit incitatif avant travaux | Bureau d’études, entreprise qualifiée, architecte | 800 à 1 500 € TTC | MaPrimeRénov’ 300 à 500 €, dans la limite de 800 € de dépense |
| Audit du parcours Rénovation d’ampleur | Mon Accompagnateur Rénov’ | Inclus dans la mission d’accompagnement | Mission prise en charge de 20 à 100 % selon les revenus, plafond 2 000 € |
Sources : grilles publiées par Engie et Effy (relevé septembre 2026), étude de prix relayée par SeLoger (février 2025) ; aides : fiche MaPrimeRénov’ de service-public.fr vérifiée le 1er septembre 2026. Ces prix sont des estimations de marché, pas des tarifs mesurés.
Ce qui fait varier le devis
La surface et la complexité de la maison viennent en premier : une maison de plain-pied aux murs homogènes se modélise plus vite qu’une bâtisse agrandie trois fois, avec un sous-sol, des combles en partie aménagés et deux systèmes de chauffage. La densité d’auditeurs dans le secteur joue aussi, les zones rurales moins pourvues affichant souvent des prix plus élevés, selon la même étude. Un bureau d’études qui détaille les variantes et commente le rapport facture enfin plus qu’un audit de vente réduit au minimum réglementaire.
Un devis sérieux précise le type d’audit, la surface prise en compte, le nombre de visites, le délai de remise, le logiciel utilisé et ce qui est inclus après le rapport : une restitution orale, une correction en cas d’erreur, une mise à jour éventuelle. Un prix très bas sans visite annoncée doit alerter, puisque la visite est obligatoire.

Quelles aides pour payer un audit énergétique ?
La règle de base tient en une phrase de France Rénov’ : comme tout document réglementaire, l’audit exigé pour une vente n’ouvre droit à aucune aide. Tout le reste dépend du cadre dans lequel vous le commandez. Le détail des aides en vigueur est rassemblé dans notre rubrique devis, démarches et aides, mais voici ce qui concerne l’audit lui-même, au 1er septembre 2026.
MaPrimeRénov’ par geste
En métropole, l’audit énergétique « hors obligation réglementaire » fait partie des rares prestations encore finançables par le parcours par geste, avec les pompes à chaleur air-eau et géothermiques, le raccordement à un réseau de chaleur et la dépose d’une cuve à fioul. La prime atteint 500 € pour un ménage aux revenus très modestes, 400 € pour un ménage modeste et 300 € pour un ménage intermédiaire, dans la limite de 800 € de dépense. Les ménages aux revenus supérieurs n’y ont pas droit en métropole.
Service-public.fr précise que la demande de prime peut exceptionnellement être déposée après la réalisation de l’audit, alors que les travaux, eux, ne doivent démarrer qu’après l’accusé de réception de l’Anah. France Rénov’ ajoute une condition : l’aide à l’audit suppose qu’au moins un geste de travaux soit réalisé ensuite, par exemple une isolation ou un changement de chauffage. Faites préciser ce point par un conseiller avant de compter sur la prime.
MaPrimeRénov’ Rénovation d’ampleur
Pour une rénovation d’ampleur d’un logement classé E, F ou G, l’audit est la porte d’entrée obligatoire : un audit avant travaux, puis un audit ou une attestation de classe après, et les travaux doivent suivre l’un des scénarios proposés. C’est Mon Accompagnateur Rénov’ qui le réalise dans le cadre de sa mission, prise en charge à 100 % pour un ménage très modeste, 80 % pour un modeste, 40 % pour un intermédiaire et 20 % pour un ménage aux revenus supérieurs, dans la limite de 2 000 € (4 000 € en cas de logement indigne ou de précarité énergétique d’un ménage très modeste). Les taux de prise en charge des travaux et les conditions de gain de classes sont détaillés dans notre page isolation, chauffage et énergie.
France Rénov’ précise qu’un audit établi avant le changement de méthode du 1er janvier 2026 reste utilisable pour déposer un dossier de rénovation d’ampleur, sans version actualisée. Le ministère indique aussi qu’un audit réglementaire reçu lors d’un achat peut servir pour certaines aides et pour un éco-prêt à taux zéro portant sur une rénovation globale, tant qu’il est valide : sa page de questions-réponses cite toutefois d’anciens forfaits MaPrimeRénov’, et nous vous conseillons de faire confirmer la recevabilité de votre audit par un conseiller avant de monter le dossier.
Faut-il faire un audit énergétique quand rien ne vous y oblige ?
Souvent, oui, dès que le projet dépasse un seul poste. Le piège classique d’une rénovation menée au coup par coup, c’est la pompe à chaleur dimensionnée pour une maison mal isolée, puis surdimensionnée le jour où l’on isole la toiture. Un audit remet les postes dans l’ordre : l’enveloppe d’abord, la ventilation avec, le chauffage ensuite, calé sur des besoins devenus plus faibles.
Il évite aussi de dépenser au mauvais endroit. Sur une maison où la toiture concentre les pertes, l’isolation des combles arrive généralement en tête du parcours, pour un coût modeste rapporté au gain. Changer toutes les fenêtres d’abord peut au contraire décevoir, et notre article sur le prix de remplacement d’une fenêtre explique pourquoi ce poste pèse moins qu’on ne l’imagine. Quant au remplacement du chauffage, le devis d’une pompe à chaleur se lit beaucoup mieux quand un audit a déjà chiffré les déperditions.
L’audit n’a en revanche pas grand intérêt pour un logement récent déjà classé A ou B, ou pour un projet limité à un seul geste sur une maison que le DPE décrit déjà correctement. Là, un rendez-vous avec un conseiller France Rénov’ suffit souvent à décider.
Les questions à poser à l’auditeur
- Quelle qualification exacte détenez-vous pour ce type de bâtiment, et sous quel numéro puis-je la vérifier ?
- Réalisez-vous vous-même des travaux, ou êtes-vous lié à une entreprise qui les propose ?
- Les coûts de travaux du rapport sont-ils issus de prix régionaux, d’une base nationale ou de devis réels ?
- Le rapport sera-t-il recevable pour une demande de MaPrimeRénov’ ou d’éco-prêt à taux zéro ?
À qui s’adresser
Commencez par un conseiller France Rénov’ : le service public de la rénovation de l’habitat est gratuit, il vous dit quel audit correspond à votre situation et quelles aides vous sont ouvertes. Pour réaliser l’audit, adressez-vous à un bureau d’études qualifié, un architecte formé ou un diagnostiqueur certifié pour l’audit, repérés dans les annuaires officiels. Pour une vente, le notaire chargé de l’acte confirme si votre bien entre dans l’obligation. Pour une rénovation d’ampleur, c’est Mon Accompagnateur Rénov’ qui prend le relais.
Les règles détaillées sont consultables sur la fiche audit énergétique de service-public.fr et sur la page DPE et audit de France Rénov’, qui renvoie aussi vers les annuaires de professionnels.
Questions fréquentes
Qui paye l’audit énergétique lors d’une vente ?
C’est le vendeur. Le ministère de la Transition écologique précise que l’audit réglementaire est réalisé à l’initiative du propriétaire, à ses frais, avant la mise en vente d’une maison ou d’un immeuble en monopropriété classé E, F ou G. Ce coût ne peut pas être aidé par MaPrimeRénov’, puisqu’il s’agit d’une obligation réglementaire. Rien n’empêche en revanche d’en tenir compte dans la négociation du prix.
Combien de temps un audit énergétique est-il valable ?
Cinq ans, selon service-public.fr, contre dix ans pour un DPE réalisé depuis le 1er juillet 2021. Pendant cette période, l’auditeur conserve le fichier et le tient à la disposition des propriétaires successifs. Un audit encore valide peut donc resservir pour une vente ultérieure ; si des travaux ont changé la performance du logement entre-temps, mieux vaut en parler à l’auditeur avant de le réutiliser.
Puis-je vendre ma maison classée E ?
Oui. Aucune règle n’interdit de vendre une maison classée E, F ou G, et le vendeur n’est pas obligé de faire des travaux avant la vente. Depuis le 1er janvier 2025, il doit simplement fournir un audit énergétique en plus du DPE, dès la première visite, puis l’annexer à la promesse de vente. Les restrictions touchent la location, pas la vente.
L’audit énergétique est-il obligatoire pour vendre un appartement ?
Non, pas pour un appartement situé en copropriété : France Rénov’ rappelle que l’obligation vise seulement les maisons individuelles et les immeubles appartenant à un seul propriétaire. Le DPE reste en revanche obligatoire. L’audit peut être exigé pour un immeuble entier vendu par un propriétaire unique, ou pour une maison formant un lot indépendant dans une copropriété horizontale.
Comment se faire rembourser un audit énergétique ?
Il ne s’agit pas d’un remboursement mais d’une prime MaPrimeRénov’, versée par l’Anah pour un audit réalisé hors obligation réglementaire : 500, 400 ou 300 € selon vos revenus, dans la limite de 800 € de dépense, en 2026. La demande se fait sur le site de MaPrimeRénov’. Dans un parcours Rénovation d’ampleur, l’audit est intégré à la mission de Mon Accompagnateur Rénov’.
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